Michel Cojan


Commentaire de Jacques Sénéchal, collectionneur d'art contemporain

Dès ma première observation de ce diptyque, à la composition très sobre, j’ai été habité par un sentiment d’inquiétude. 

En effet, les jeux de forme et de lumière évoquent l’évanescence qui réduit, ici,  les apparences de la réalité végétale et celle d’un objet fabriqué.

L’impression en grand format est fort appropriée : leur arrière-plan très serré neutre et uni, concentre essentiellement mon regard sur le sujet qui domine l’ensemble de la photo amplifiant ainsi un sentiment d’inquiétude. 

Le rendu ces deux études photographiques, l’une très claire, l’autre très foncée, rappelle la manière noire, le vernis mou ou la gravure à l’eau forte.

« NOIR » 36x24

« BLANC » 36x24

MICHEL COJAN

Saint-Lambert

Né à Bucarest en Roumanie, dans une famille d’artistes peintres, j’ai baigné depuis jeune dans « l’odeur des peintures à l’huile et de térébenthine », au milieu d’objets d’art collectionnés par mon père.

Dans ce contexte, j’ai très vite orienté mes études vers le domaine des arts, jusqu’à obtenir une maitrise en peinture, arts graphiques et Histoire de l’Art.

La photographie est apparue dans ma vie un peu comme « une révélation » vite devenue une passion et, en bon autodidacte, je l’ai vite intégrée à mes « recherches visuelles » de l’époque.

Malgré une certaine ouverture du gouvernement roumain aux expressions artistiques variées, pendant les années 1960 et 1970, vers la fin des années 1970 la porte s’est refermée brusquement et mon pays est replongé dans une sorte de dictature « ubuesque » qui nous a poussés (ma famille et moi) à le quitter.

Établi au milieu des années 1980 à Montréal... tout était à refaire! Baccalauréat en design graphique à l’UQAM, « mise à jour » en photographie à l’Université Concordia, puis une carrière en conception graphique pour plusieurs entreprises montréalaises d’envergure.

Ma passion pour la photo m’a accompagné tout au long de ces années. J’ai souvent entremêlé contrats et projets en design graphique et en photographie, dans des domaines aussi variés que la mode, le portrait, la photo de produits, la photo documentaire ou éditoriale.

La photo en noir et blanc est un chapitre à part dans mon œuvre. Avec un penchant pour le portrait et la photographie de rue ou de scènes de la vie quotidienne, ce mode de création s’appuie sur le sens de l’observation, la composition, le souci du détail et du mouvement. L’absence de couleurs de vient pour moi la base d’un nouveau processus créatif et d’une interprétation très personnelle d’une réalité autrement « passagère ».

Établi depuis environ dix ans à Saint-Lambert, je suis membre du Photo Club ARÉMAC depuis 2018 et, à chaque automne, je redécouvre avec joie le climat familier de collaboration avec des gens passionnés — comme moi — par la force évocatrice, la complexité et la beauté de la photo « noir et blanc » comme moyen d’expression artistique.