L'accessoire essentiel en photographie...
... est le sac. Mais voilà une réponse qui mérite explication.
On dit souvent que le meilleur appareil est celui qu'on a avec soi. Mais c'est prendre pour acquis que l'on veut être toujours prêt.
Le problème est celui-ci: bien que photographier soit une quête souhaitable, il y a des moments que l'on manque en partie parce qu'on est concentré à les capter plutôt qu'à les vivre pleinement.
C'est comme si on oubliait d'emplir ses yeux pour notre mémoire et complètement le vivre. Si l'événement dure assez longtemps, on peut faire les 2 mais ce n'est souvent pas le cas.
Ce que je suis en train de dire, c'est qu'il faut aussi se permettre de ne pas photographier, de ne pas être en mode chasse à l'image, d'être simplement là.
Quand on a un appareil en main, c'est presque impossible et c'est là qu'intervient le sac: oublier qu'on a un appareil jusqu'à temps qu'une scène soit assez forte pour réveiller cet instinct de chasseur d'image.
Quel sac = quel matériel.
Il faut donc distinguer le matériel qu'on transporte avec l'idée précise de ramener des sujets et celui qu'on a juste au cas où pour ces étonnantes occasions imprévues.
On ne transporte pas un gros télé lourd sans ferme intention.
Mais il va sans dire que plus c'est léger, moins visible ... et souvent moins dispendieux, plus c'est alors 'adéquat à ne pas l'utiliser' tant que l'on ne perd pas son temps avec du matériel insuffisant.
Qu'en est-il des téléphones ? De nos jours, beaucoup de ceux qui ont été des personnes à leur naissance sont devenus les 'bipieds' (par opposition à trépieds) de leur maitre d'attention.
En d'autres termes, aujourd'hui, de nombreuses personnes sont devenues totalement soumises à leur téléphone intelligent, à qui elles accordent toute leur attention.
Pour ceux qui ont 'survécu', il y a plus de chance qu'un 'vrai appareil photo' remplisse le rôle voulu.
Un compact haut de gamme s'intégrant au processus de développement RAW est très envisageable mais ses limites m'ont fait bifurquer pour un système compact.
Pour moi, l'appareil le plus léger (390g) mais suffisamment bon demeure l'Olympus Em 10.2 de 2015. Il demeure aussi l'une des meilleures valeurs usagées qui soit. Mais plutôt qu'y joindre un kit zoom, une normale au superbe rendu le complète: le Pan-Leica 25mm f1.4. Cet objectif vaut plus que le boîtier.
Cette approche de favoriser le poids et le confort d'utilisation tout en limitant les applications (il est faible avec des sujets en mouvement) et maximisant la qualité grâce surtout à l'objectif, fonctionne pour moi quoique j'ai bien d'autres options.
J'y ai pris certaines de mes meilleures images et il est très souvent resté dans le sac sans aucune image ramenée parce que je n'avais pas l'impression que je 'devais' en ramener.
Il est possible que votre appareil principal puisse remplir ce rôle s'il n'est pas trop imposant. L'équilibre assez léger pour l'avoir le plus souvent mais suffisamment bon pour satisfaire varie avec chacun. Mais prioriser la qualité sur la polyvalence peut être une voie à explorer.
Je conclu en ajoutant que l'avoir plus souvent ne doit pas déboucher sur l'utiliser constamment: laisser ce sac fermé est aussi important que l'ouvrir.
Éditorial de François Gauthier