Démarche artistique
Je ne suis pas une photographe professionnelle, plutôt une artiste autodidacte qui scrute le monde qui m’entoure par le viseur de l’appareil-photo depuis plus de 50 ans. J’ai commencé à m’intéresser à la photographie dès l’adolescence, sans doute en feuilletant les magazines Life et National Geographic qui traînaient à la maison. Les arts plastiques à l’école ont ouvert une petite fenêtre de créativité chez moi, et chaque fois que je sortais d’une exposition, l’envie de créer quelque chose me chatouillait. Si une carrière en art semblait peu réaliste pour mes parents, la photographie m’a peu à peu servi de soupape pour traverser les jours ordinaires, et capter la beauté des choses. J'ai fait mes classes grâce à la chambre noire du Cegep, aux formations auxquelles j'ai participé pendant toutes ces années, en plus de m'enrichir, curieuse du travail de multiples photographes amateurs d'ici, et des œuvres immortelles des grands maîtres à la carrière florissante.
La lumière, les textures, les couleurs, les formes et les lignes attirent sans cesse mon regard. Et mon œil est sans repos dès que mon esprit se consacre à la pratique de la photographie.
Depuis plusieurs années, en plus des scènes et des choses que tout le monde peut voir, mon cerveau s’est mis en quête de sujets ou d’angles auxquels peu de gens portent attention; pour traduire ce que je découvrais au-delà de mon objectif, j’ai eu de plus en plus recours à l’abstraction, à l’affût d’images intrigantes pour le spectateur, parfois en appliquant une technique particulière dès la prise de vue, ou en choisissant des sujets un peu bizarres, et en les retravaillant avec un outil aussi simple que le programme de traitement de photo inclus dans Windows 10: recadrage, accentuation des contrastes, augmentation de la luminosité, etc. Pas besoin de vocabulaire savant pour expliquer davantage ma démarche : j’aime l’Image, et l’appareil-photo me permet de créer à partir de ce que je vois.
Dans le cadre de cette exposition-ci, j'ai choisi 2 photos réalisées en bougeant mon appareil lors de la prise de vue. Cela donne des silhouettes de personnages dont on ne reconnaît pas les visages, tout en donnant un effet de mouvement. Les 2 autres images sont plus réelles, l'une étant une paroi de la serre de la bibliothèque municipale de Westmount, l'autre des lucarnes abîmées d'une porte de garage du Plateau Mont-Royal. J'aimais le contraste des textures.
Depuis 1984, ma participation au Photo-club Arémac m’a permis de progresser dans ma passion, de trouver ma signature, et d’échanger avec des gens aussi investis que moi dans cet art. J’y suis encore, avec autant de bonheur.
« Tout le monde regarde ce que je regarde, mais personne ne voit ce que je vois »
(Paul Audi, philosophe)
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